journee mondiale de lutte contre le sida
1er décembre, une marche est organisée comme chaque année par l’association Act Up Paris à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida.
Départ de la marche à 18h30 Place de la Bastille à Paris (arrivée du cortège Place des Innocents aux Halles)
Le mot d’ordre de cette année sera “SIDA: Prévenir, ne pas punir“. Ce qu’il faut comprendre par “NON à la pénalisation de la transmission du VIH.”
Je n’irai pas défiler sous cette bannière.
Je comprends bien qu’un séropo qui contamine par accident son partenaire ne peut être soumis aux mêmes opprobres que celui qui contamine sciemment son partenaire sans que ce dernier soit au courant.
Mais jusqu’à preuve du contraire (et c’est bien là tout le paradoxe de ce mot ordre de marche pour cette journée mondiale de lutte contre le sida) il y a de fortes chances pour que la mort soit au rendez-vous à plus ou moins grande échéance. Pour moi, c’est ni plus ni moins qu’une tentative de meurtre. Le langage juridique me faisant défaut je ne vais pas m’aventurer d’avantage sur ce terrain.
J’ai déploré qu’un Vaneste s’en sorte aux yeux de la loi sur la forme alors que tout le monde s’accorde à dire que c’est un homophobe sur le fond. Act Up est une association qui fait bouger les choses, parfois ça dérape mais ça passe. Grâce à ses actions (entre autres) le mouvement LGBT a pris de l’ampleur de la légitimité. Mais on ne peut pas ne pas appeler une tentative de meurtre autrement que par son nom. Une tentative d’homocide est répréhensible par la loi. Point barre. Un propos homophobe même “philosophique” est une insulte. point barre.
Je ne suis pas pour la répression à tout va. J’étais contre la création d’une loi spécifique aux propos homophobes, je pensais naïvement que la loi nous protégeait déjà contre toutes formes d’insultes. Dans un autre domaine, je pensais que le savoir vivre devait empêcher la création d’une loi interdisant de fumer dans les lieux publics.
Sans doute ActUp s’emploie à la politique du “moins pire” en évitant la pénalisation de toutes les transmissions du VIH. L’exercice est délicat.
Le Sidaction c’est par ici.
ActUp c’est par là.
Edit : Je ne suis pas séropo. Mais j’ai des amis qui le sont, l’annonce de leur séroposivité m’a à chaque fois arraché le cœur. J’ai reçu en shiatsu des malades. Ca ne me donne pas plus de légitimité qu’un autre pour donner mon avis j’en conviens. Mais certains pensent le contraire.





11 commentaires sur “journee mondiale de lutte contre le sida”
Olivier Autissier 01 décembre 2008 15:45
Dis donc, celui qui se laisse tout aussi sciemment contaminer, tu crois qu’il est blanc comme neige? Ou bien qu’il est con !
MarcelD 01 décembre 2008 15:52
-> Olivier : C’est bien pour ça que c’est complexe, mais pas dans le cas où celui qui se fait contaminer sans “son consentement” alors que l’autre sait très bien se qu’il fait.
Olivier Autissier 01 décembre 2008 16:11
Certes, mais à l’occasion, exlique moi comment on se fait contaminer sans son consentement ?
MarcelD 01 décembre 2008 17:23
Les cas de malades avec capote percée par exemple. Consentement dans l’acte pas dans la contamination.
Baptiste 01 décembre 2008 19:12
La pénalisation existe déjà pour ce genre d’actes (ex : le sang contaminé… ?), serais-ce encore un faux débat ?
Olivier Autissier 01 décembre 2008 19:48
Dans ton dernier cas, Marcel, il n’y a pas que je sache de contamination délibérée. Et heureusement.
D’ailleurs, quand on lit ci et là, ou quand on écoute ailleurs, je trouve que les capotes craquent de plus en plus souvent. C’est très curieux !
Fab 01 décembre 2008 22:21
C’est un débat vraiment complexe, mais je tends néanmoins à penser qu’on ne peut effectivement pas tout mettre sur le dos des séropositifs et ensuite tolérer que séronégatif=oie blanche.
Que ce soit un plan cul ou autre le type qui y va sans capotes me laisse penser qu’il ne pense pas en utiliser. Il me semblerait donc impensable de jeter l’opprobe uniquement sur la personne qui “contamine” physiquement… se protéger c’est une affaire personnelle, on ne peut pas laisser un partenaire sexuel s’en charger, quel que soit sa sérologie, non?
Mais ton point de vue est également à examiner car trouver un terrain juridiquement propice à tous dans ce genre de situation reste très difficile, en plus d’être risqué (pour les personnes tout comme pour la recherche et les soins).
mich 01 décembre 2008 22:51
Du coup Marcel, si je comprends bien ta position, tu qualifies pareillement la contamination accidentelle et la contamination voulue (par le séropo ou le séronég) ?
MarcelD 01 décembre 2008 23:33
Je suis d’accord pour dire que le partenaire qui ne se protège pas, joue à la roulette russe et il a sa sa part de responsabilité. Je vois d’un très mauvais œil le fait qu’il réclame justice après s’être fait contaminé.
La contamination délibérée par le cas très précis de la capote percée volontairement par exemple est un geste criminel. Je n’en démordrai pas. C’est dans ce cas précis que l’on ne peut se soustraire à la loi. Ensuite bien sûr l’accès aux soins de l’individu incarcéré, l’aide psy doivent suivre.
Je ne qualifie nullement de la même façon la contamination accidentelle et voulue.
Ce qui me désole c’est qu’on ai recours à la loi. Car il s’agit bien de la responsabilité des deux partenaires homos/hétéros. On va jeter en prison des femmes qui auront transmis le virus à leurs bébés?
Je rejoins Act Up sur le point principal qui est la lutte contre le sida. Cette saloperie qui bousille tant de vies à travers le monde.
Et je suis pour aider les malades par tous les moyens possibles, médical avant tout, humain, matériel mais aussi prise en charge psychologique. sur ce dernier point, nous avons des témoignages de contaminés qui par vengeance commettent l’irréparable.
Comme pour beaucoup de choses, et on le sait dans ce cas précis et dans tous les sens du terme la PREVENTION prime avant la condamnation de l’humain.
Olivier Autissier 01 décembre 2008 23:47
Ah OK, je n’avais pas compris le coup de la capote percée volontairement à l’avance.
Merde, ça arrive ça ?
Si oui, alors évidemment, je suis bien d’accord avec toi, l’acte est condamnable. Et je ne suis pas certain qu’Act-Up défende ces individus en question.
antenor 02 décembre 2008 7:47
moi, sur ce sujet, je capote…