Ich bin ein Berliner (2)

Chauds, chauds chauds mes Berlinois sont chauds!
Le quartier gay de Berlin est très bien indiqué dans tous les bons guides touristiques qui se respectent. Mon Queer City Map, je l’ai réclamé à l’office de tourisme de la porte de Brandebourg. Ce qui fût fait sans chichi, le monsieur très aimable s’est retourné pour sortir d’un tiroir secret une tonne de prospectus que je dépliais consciencieusement en grand, en large et en travers pour regarder les photos. Quelle simplicité tout de même. Je vais tenter l’expérience à Paris ce week-end pour voir…
Pour y aller, au quartier gay pas à l’office du tourisme, le plus simple c’est de descendre à la station de métro, je sais que je vais être pénible avec ces noms de dix sept lettres mais je n’ai pas le choix, à la station de métro “Nollendorfplatz“. Si vous avez bien compté les lettres (quinze) il en manque deux. C’est bien, vous pouvez être fiers de vous, mais les traces de doigts sur l’écran ce n’est pas très propre!
Ensuite c’est tout droit, dans la fameuse “Moztstrasse” où l’on trouve de tout, même des supérettes, un sex shop, puis une supérette, une entrée de parking résidentiel, un bar, un “dépôt”, etc.
Et c’est dans une charmante et large rue (toutes les rues sont larges à Berlin) (peut-être “Kalckreuthstrasse” ou “Eisenarcherstrasse“) que j’ai pu vérifier que les Berlinois étaient chauds, style méditerranéen, si vous voyez ce que je veux dire. Nein! Bon je vais raconter.
J’échoue complètement frigorifié dans un bar dont j’ai oublié le nom, mais ce n’est pas bien grave pour la suite de l’histoire. Je m’installe sur la banquette et de mon poste d’observation je constate que les Berlinois boivent de la bière. Tiens donc! La déco quant à elle, n’est pas banale, un mixte poussiéreux entre un chalet traditionnel de Haute Savoie et une auberge de jeunesse communiste avec kaléidoscope sur un portrait de Mao. Je sais c’est à peine visualisable, mais je vous jure que c’était ça. Le bar se remplit petit à petit mais sûrement. Et d’un coup d’un seul, MA table se trouve investie par un mec en solo et un couple. Nous sommes donc quatre à présent autour de ma petite table encore toute proprette. Je déglutis douloureusement, je vais tester mes compétences linguistiques. Coup de bol, le monsieur en solo qui s’est assis tout contre moi, mais vraiment tout contre moi, parle admirablement bien le français. J’ai oublié son prénom, disons qu’il s’appelait Fred. Il est collé à moi! Fred est d’origine allemande et autrichienne mais porte une superbe moustache gauloise, comme quoi. Il n’a pas d’âge puisqu’il est “retiré” (j’ai traduit par “retraité”) et que son ancien métier est géologue. Sa main gauche s’est posée sur ma cuisse droite. Ah mais je connais aussi le procédé d’extraction de carottes dans la terre. Comme c’est intéressant… Et patati et patata, il veux changer de place et se mettre du côté de mon oreille gauche qui entend. Je refuse! Il va me passer sur le corps et il en est hors de question. J’explique, c’est pas qu’il est moche (j’aurais moi aussi un jour 75 ans, je ne suis pas dupe) mais il doit peser 95 kilos de bière et je n’ai pas la constitution suffisamment robuste pour absorber une telle (dé)charge. Tout le monde discute autour de MA table en allemand, moi j’opine du chef en souriant bêtement, je pige que dalle. Sa main est encore tombée sur ma cuisse, Rhôoo comme il est maladroit le bougre. C’est alors que l’un des deux autres renverse son verre de bière sur MA table et inonde le côté de Fred qui se jette sur moi instinctivement! Non, je ne lui propose même pas d’éponger la bière sur son pantalon. Le couple est tout confusionné et le barman fournit le nécessaire de nettoyage idoine. Ils reprennent tous une tournée de bière moi je refuse poliment c’est que je dois m’en aller (fuir). Fred a aussitôt réagi, a versé de son propre breuvage dans mon verre imité en cela par l’un des deux autres lascars. Le bras gauche de Fred est passé par inadvertance derrière moi tout contre ma nuque. C’est chaud mon Marcel, il est temps de filer. Et hop, je le prends par surprise… en lui claquant la bise. “Auf Wiedersehen!”
Prochainement : Comment je suis rentré et sorti d’un bar SM.





7 commentaires sur “Ich bin ein Berliner (2)”
TT02 28 novembre 2008 15:51
J’ai finie le post toute crispée. Attends je respire un peu. Rholala la trouille. J’imagine sa grosse moustache pleine de bière.
Fab 28 novembre 2008 20:46
Ah les histoires de vacances!
)
Faudra que j’en fasse une catégorie sur mon blog, tiens! j’en ai des tonnes comme ça (j’attire les boulets
Valérie de haute Savoie 28 novembre 2008 22:06
Ce billet fait rêver
Steppen 29 novembre 2008 2:22
OOOOOH, J’adore, je comprends maintenant pourquoi tout le monde veut partir à Berlin.
Allez y, ça me fera plus de place dans l’Eurostar :p
MarcelD 29 novembre 2008 14:20
-> TT02 : Ah ma là c’est rien du tout du tout du tout. je suis rentré dans un bar cuir SM que ça fout les chequottes!


-> Fab : Piège à boulet qu’on l’appelle!
-> Valérie de haute Savoie : le récit ou l’illustration? Nan ne dis rien, je préfère croire que c’est le texte
-> Steppen : gna gna gna
Valérie de haute Savoie 29 novembre 2008 14:32
C’est le texte !
fiuuu 06 décembre 2008 15:13
et il avait des poils gris et un gros bidou qu il ne voyait m^me pas sa zigounette ?
waaaaaaaaa j adore ton récit !!!
(tu as le tél du monsieur en photo ?)