pardon

“Pardon” c’est un mot que je prononce plus d’une dizaine de fois par jour. Entendons-nous bien, jamais le “pardon” lancé à une quelconque puissance supérieure céleste, non, non. Oui je sais, je brulerai dans les flammes de l’enfer. C’est juste le “pardon” systématique, réflexe, héritage de mon éducation judéo-chrétienne (!) qui s’exprime lors d’un accrochage, une erreur d’appréciation, de compréhension avec une personne. Dans la rue, dans les transports en commun, dès que je me fais bousculer, ayant moi même la tête ailleurs, un “pardon” s’échappe de mes entrailles. Parfois je me ressaisis brutalement lorsqu’en retour je ne reçois que du mépris ou de l’agressivité. Je démarre d’ailleurs au quart de tour que le mécréant soit une vieille mamie ou un jeune à l’allure patibulaire. Il ne s’agit pas non plus de me faire insulter gratuitement au prétexte que j’ai dévoilé ma faiblesse en présentant mes plus plates excuses. Je me souviens d’un jour avoir poursuivi une vieille dame que j’avais heurtée en marchant. Je m’étais excusé immédiatement, en me confondant en excuses. Mais rien n’y a fait. Elle a continué son chemin en vociférant des injures. Je l’ai coursée, rattrapée, saisie par le bras et en la regardant droit dans les yeux, je lui ai expliqué que mes parents m’avaient enseigné la politesse et que j’avais présenté mes excuses en conséquence. Elle m’a regardé incrédule puis je l’ai “libérée”.
Oui, je suis du type à s’excuser en permanence. Et “Excusez-moi de vivre!”, c’est effectivement ce que j’ai tenté d’écrire sur mon front. Ca va, ça vient. C’est tout simplement pathologique. Ce “pardon” m’a un peu, beaucoup pourri la vie dans ma jeunesse, encore aujourd’hui bien sûr. J’ai suivi des thérapies pour m’en libérer. Lors d’un atelier, une fois le concept bien assimilé, j’ai repris ma place dans le cercle des débiles profonds auquel j’appartenais. En m’asseyant, j’ai bousculé une pile de livres et j’ai laissé échapper un tonitruant “pardon” qui a fait rigoler tout le monde, thérapeutes compris. On ne guérit pas aussi facilement de cette pardonite aigüe. Difficile de se libérer de la peur de froisser quelqu’un, de ne pas être aimé en retour, du rejet. La peur de mal faire ou de faire du mal est une phrase sans verbe, je le sais bien.
Le pire c’est que comme je n’entends pas très bien, il m’arrive de faire répéter mon interlocuteur par un “pardon?” Mais ça ne compte pas, hein! Alors aujourd’hui, je voudrais sur ce blog estival dire “pardon“.





21 commentaires sur “pardon”
Michbellegeek ou luptidej selon l'humeur 07 août 2008 9:15
Beau billet, et ça va tu n’es pas encore trop atteint, tu ne dis pas encore comme Coluche “je excuse de vous demander pardon, mais…”
Belle journée, je pense que beaucoup se reconnaîtrons, à commencer par mézigue!!
Churchill, provincial 07 août 2008 9:17
Un Parisien qui dit “pardon” ??? Et puis quoi encore ! ESCROC !!!
Ditom 07 août 2008 9:49
Et moi je te dis MERCI d’exister.
Baptiste 07 août 2008 10:23
Dis plutôt pardon de pas avoir libéré ses pauvres enfants d’un couple de psychopathes !!
Pardon :-s
antenor 07 août 2008 11:36
dire pardon ? il ne manquerait plus que ça ! ça devient vraiment, mais alors vraiment, du n’importe quoi ici ! *antenorseretournesursestalonsenhaussantlesépaulesetquitteprovisoirementledevantdelascène*
MarcelD 07 août 2008 11:48
-> attentionalaterre : (dans le doute, hein!) “Faute avouée est à moitié pardonnée”, disait pie xii à himmler.” Pierre Desproges



-> Churchill, provincial : TAPETTE !!!
-> Ditom : Hein?
-> Baptiste : Mais j’ai rien fait, j’vous jure madame!
-> antenor : Patience, Ca va mal finir
Churchill, provincial 07 août 2008 12:38
Marcel > T
Churchill, provincial 07 août 2008 12:41
Marcel > TAPETTE ? Nanménainportekoi !!!
Et pourquoi pas PÉDÉ tant que tu y es ?
Pédé, tapette, tapiole… J’aimerais mieux qu’on m’encule !
PS : Tout le monde aura compris, j’espère, que le précédent message est dû à l’incompétence des développeurs de Firefox 3 qui m’ont déjà niqué une commande à Cdiscount… et que je HAIS positivement !
MarcelD 07 août 2008 12:49
-> Churchill, provincial : De quoi tu te plains ? Tous les développeurs de Firefox 3 t’ont niqué
L'Arno 07 août 2008 12:52
- Un Ricard ?
- Non, je vais prendre un pardon.
- Ah oui moi aussi… Hé Raymond ! Deux pardons !
Fab 07 août 2008 14:28
Faut venir vivre au Royaume Uni mon chéri ici tu balances du “sorry” 50 fois par jour et on te répond “sorry” en retour… (bon sauf qu’on le pense rarement, c’est vrai!)
Churchill, comique affligeant 07 août 2008 15:35
Jean-Sébastien Bach : Moi, je prendrai un baby.
Son copain : Moi aussi. Un baby, comme Bach !
matorif 07 août 2008 15:45
c’est mignon ! j’ai le même problème, alors je compatis.
pardon, je sors :p
Nicolas Bleusher 07 août 2008 15:54
Beaucoup ri à la blague de Churchill, l’affligeant.
Pardon : ce billet est vraiment très intéressant !
MarcelD 07 août 2008 16:59
-> l’Arno : Je suis catégorique, un Ricard sinon rien! Je ne supporte pas TFmerde à 13h00.



-> Fab : Le plus pire dans tout ça c’est que souvent je dis “sorry”. Dingue non ? Comme je dis “Si!” Je suis polyglotte my dear!
-> Churchill, comique affligeant : Profite, profite, bientôt la rentrée, ton grand retour en quelque sorte, tu feras moins le malin
-> matorif : grrrrr !
-> Nicolas Bleusher : Churchill est toujours désopilant et il devrait ouvrir un blog
Churchill, comique affligeant 07 août 2008 17:30
Nicolas Bleusher et Marcel Dugomier >

TT02 07 août 2008 19:23
Ah moi c’est pareil. Je m’excuse au poteau quand je m’en suis pris un.
Dis donc tu arrêtes de suivre les femmes, un peu ! hein ! pervers !
TT02 07 août 2008 19:25
Heu… pardon. C’est quoi cette magnifique photo ?
stéphane 07 août 2008 22:05
Moi je disais “Oups…”; mais j’ai aussi fini par le remplacer par “pardon”. C’est moins connoté.
Fab real queen of England 07 août 2008 23:27
Pourquoi ton trombi me fait la cheutron bleue???
MarcelD 08 août 2008 9:23
-> TT02 : la photo a été prise par moi à Barcelone dans une expo, les sujets font à peine 5 mm de hauteur.

-> stéphane : Disons que tout le monde comprend que tu parles aussi le français
-> Fab Schtroumpfette: C’est ton éclairage ma chérie