l aristocratie au pouvoir

J’ai envie d’être drôle, mais je n’y arrive pas.
Vais-je oui ou non parler de la grève d’une certaine catégorie de personnel attachée à son régime spécial de retraite?
J’ai lu ici et là des propos brillamment argumentés mais qui sont malheureusement pour ma compréhension générale et analytique du conflit, complètement contradictoires. C’est sans doute pour cela que ça piétine dans les rues et que beaucoup de gens rament (De métro, ho ho ho) pour aller bosser ou bien pire encore pour rentrer au bercail.
Hier soir sur l’abri bus du 26, une affichette a retenu toute mon attention avec cette petite phrase “Abandonnez vos congés payés!” Ah bah non alors! Quand je pense à tous ceux qui se sont battus pour y avoir droit! Ils sont acquis un point c’est tout. Non négociable. Quand je pense que certains “des premiers congés payés” ne sont même pas donnés la peine de partir en vacances, parce que ça ne se faisait pas et qu’ils n’avaient pas que ça à faire, ça me fait tout drôle! Heureusement c’est une époque bien révolue, tout le monde en profite de ces fameux congés, c’est écrit dans le droit du travail. Et quand bien même on ait supprimé le ministère du temps libre. Je m’égare (Ha ha ha ha) Mais pas tant que ça. Car quand on ne travaille plus, qu’est ce qu’on gagne? Des loisirs! Et ça les loisirs, ça fait tourner l’économie. Et si l’économie tourne, tout le monde est content. Sauf qu’il existe encore des salauds de pauvres qui ne peuvent toujours pas se payer des loisirs. La solution à ce douloureux problème, notre président l’a trouvée. “Travailler plus pour gagner plus“. Le problème c’est que plus on travaille, moins on a de temps libre. Je joue sur les mots et je fais du mauvais esprit, je le concède. Il n’a jamais dit qu’il fallait travailler plus longtemps pour gagner plus…
C’est sans doute pour ça que les cheminots ne sont pas contents? Mais quid des fonctionnaires? Ah les fonctionnaires, et la fonction publique! On en dit tant de mal! Tous des feignasses privilégiés! Tous! Je vous dis, pas un pour rattraper l’autre! Et ils font grève aussi. Là c’est intéressant! Le concept est subtil. Par définition, un fonctionnaire ne bosse pas, il glande au taf comme vous et moi. Mais quand il est en grève, il fait quoi? Du travail négatif! C’est complètement abyssal comme concept! Je me moque, je me moque mais il ne faut pas se tromper d’ennemi. L’ennemi ce n’est pas le gréviste, ce n’est pas le cheminot, ni même le fonctionnaire. Alors c’est qui l’ennemi? L’ennemi serait le patronat? Mais non! Trop simpliste! Les patrons ne sont pas tous des requins de la finance à la mercie de fonds de pension sans cœur. Et puis, rappelez vous, parmi les fonctionnaires, vous avez tous connus des profs hyper géniaux qui vous ont ouvert des cathédrales laïques de connaissances et puis d’autres qui se sont vautrés lamentablement sur leurs chaises pendant que toute la classe chahutait. J’ai même obtenu d’une préposée au trésor public, des renseignements qui ne devaient pas m’être officiellement donnés. Alors non! Dans la fonction publique il n’y a pas que des feignasses. Et dans le privé? Me direz-vous. C’est strictement le même phénomène. Pour mon premier job d’été, j’ai été affecté dans le service d’entretien d’une gigantesque usine. Mon boulot consistait à déboucher les urinoirs et les chiottes. La consigne m’avait été donnée d’ouvrir l’œil et de ne jamais m’asseoir quand un “chef” se pointait au détour d’une allée On m’avait même appris à faire des étincelles avec un chalumeau pour faire semblant de travailler (La soudure à l’arc, on appelle ça!) Plus tard, en col blanc, j’ai découvert une autre catégorie de glandeurs mais qui agitaient astucieusement les bras en l’air pour faire croire qu’ils bossaient, sauf qu’ils gardaient la chemise contrairement à une autre catégorie de personnes qui se trémoussent sur les pistes de danse. J’ai même vu dans une grosse boîte, des cadres supérieurs qui avaient deux vestes. L’une posée sur le dossier de leur fauteuil et une autre sur leur dos pendant qu’ils se barraient en BMW de trou du cul en week end. Donc on évite d’opposer systématiquement le privé au public. Alors c’est qui l’ennemi?
Pour moi, c’est une certaine catégorie de petites frappes qui a besoin de gonfler son ego en mobilisant des gens à faire la grève, à donner le coup de poing, et de ne pas céder. Je parle des syndicalistes, pas des militants que je respecte, mais de leurs leaders et des forces opposées représentées par des nains de jardin, tous imbus d’eux même. Ces leaders déservent tout simplement la cause qu’ils sont sensés défendre en privilégiant la grève avant toutes formes de négociations. Je suis bien au courant que le droit de grève est inscrit dans le code du travail, n’empêche, il doit être utilisé à bon escient.
Je voudrais simplement ajouter un truc sur lequel je ne récolterai pas un consensus général. Quand le coût du service public est plus cher que le service rendu, il faut vraiment revoir son fonctionnement et son financement. A ma connaissance, le service public n’a pas vu le jour, mais je peux lourdement me tromper, pour créer des emplois à vie, mais bien pour rendre service.
Si demain, dans ma BDGN* la DRH m’apprend que je vais devoir faire un quelconque sacrifice (Salaire, congés, retraite…) pour maintenir à flot le paquebot France (Ne m’appelez plus jamais…) je n’y verrais presqu’aucun inconvénient à une seule condition : Que tous les autres salariés de toutes les autres branches professionnelles quelle qu’elles soient, fassent le même effort. Et ce n’est pas du nivellement par le bas comme on serait tenté de me le reprocher. Si ma DRH me demande les mêmes sacrifices pour que mon boss puisse agrandir sa piscine dans sa résidence secondaire, je pense qu’il devra apprendre à écouter mon point de vue, de salarié et de citoyen.
Enfin, rappelons nous toujours, de ne pas nous tromper d’ennemi. Le petit axiome qui dit “Diviser pour mieux régner” a bien été assimilé par une certaine catégorie de personnages.

BDGN* : Boîte De Gros Nazes

  1. 20 commentaires sur “l aristocratie au pouvoir”

  2. Ditom 22 novembre 2007 10:30

    Ouais bah au lieu de glander à écrire des notes sur ton lieu de travail, tu ferais mieux de pointer des états et de faire ton travail de saisie… NAN ME HO!:pascontent:

    Et si ta BDGN te sucre des congés, je vais les voir personnellement CAPITO??????? :pascontent::pascontent::pascontent:

  3. Olivier Autissier 22 novembre 2007 10:48

    Euh… ça ne serait pas plutôt le contraire… le gouvernement qui voulu réformér (et ça c’est son boulot) sans passer par les négociations ? Inscrites elles aussi au droit du travail. Et je tiens toujours à préciser que je ne suis ni syndicaliste, ni fonctionnaire, mais juste quelqu’un de convaincu que si on laisse tout passer, viendra un jour où on nous aura trop pris et qu’il ne nous restera que nos yeux pour pleurer. Je me rends compte hélas tous les jours que nous vivons la génération du “chacun pour soi”, du “surtout qu’on ne touche pas à mon confort personnel”. C’est regrettable et triste mais c’est ainsi. Je m’explique un peu mal peut-être, tant pis.
    Nous aurons sans doute tous un point de vue différent quand nous travaillerons jusqu’à 70 ans, que nosu creuserons alors avantage le trou de la sécu par nos arrêts de travail parce que nous serons épuisés et que nous nous arrêterons seulement pour aller mourir. Diantre, nous avons du travail, nous ne voulons pas en plus du repos ! :zen:

  4. Marcel Dugomier 22 novembre 2007 11:46

    -> Ditom : Oh ouiiiiiiiii ! Montres nous tes petits bras musclés :bong:
    -> Olivier Autissier : Je ne suis pas très clair, mais j’ai écrit que le défaut de négociation avant la grève était imputable aux deux camps.”Je parle des syndicalistes, pas des militants que je respecte, mais de leurs leaders et des forces opposées représentées par des nains de jardin, tous imbus d’eux même” Sinon même constat à déplorer, le manque total d’altruisme dans nos sociétés :snif:

  5. spicynico 22 novembre 2007 12:48

    Qu’est-ce qu’on se fait chier aujourd’hui sur ton bloug !
    Même pas une photo de bite de syndicaliste !
    huit deux seize

  6. Steppen 22 novembre 2007 13:11

    Les syndicats desservent leurs affiliés. Le problème c’est que sans syndicat, les gens n’oseraient pas bouger et se laisseraient faire (ce qui est déjà majoritairement le cas).
    Notre société est devenue une confédération d’individualismes, tout le monde s’envie, se jalouse, personne ne se respecte… Dommage.

  7. matorif 22 novembre 2007 13:33

    Voilà le post le plus pertinent sur cette grève que j’ai pu lire jusqu’à présent. Ca change des posts partisans ! Et je suis totalement fan de tes blagues pourries (rament et garent…)

    et pour ditom les bras musclés s’il veut mais moi je préfère encore ses fesses qu’il nous a montré pour la 200ème :-D

  8. Marcel Dugomier 22 novembre 2007 14:10

    -> SpicyNico : C’est à cause de la grève, j’en ai marre de faire de la marche à pied et des velib’ j’en ai que lorsqu’il pleut :pascontent: Alors mon billet n’est pas joyeux forcément!!
    -> Steppen : Le seul truc qui donne du lien c’est une catastrophe. “Dommage” est un doux euphémisme.
    -> matorif : Merci pour mes blagues je me fais rire tout seul tellement je suis naze :pom: Pour Ditom : C’est trompeur, la photo est truquée, il a le bassin à tendance large :blonde:
    -> Ditom : :love: :love: :smac:

  9. antenor 22 novembre 2007 14:13

    oh oui, sacrifie toi, encore… tu fais ça si bien… *soupirs*

  10. Steppen 22 novembre 2007 15:17

    Le départ de Cécilia n’a donc pas été une catastrophe suffisante? J’ai cru comprendre que les gens, dans un élan de compassion, sont descendus dans la rue manifester leur soutien au Président dans cette difficile période :mrgreen:

  11. Carlos 22 novembre 2007 17:07

    Je le savais bien que Ditom et moi on était soeurs!:vivivi:

  12. Enguerrand 22 novembre 2007 18:58

    Qu’on leur coupe la tête!!
    :bave:

  13. Churchill 22 novembre 2007 21:19

    “Et puis, rappelez vous, parmi les fonctionnaires, vous avez tous connus des profs hyper géniaux qui vous ont ouvert des cathédrales laïques de connaissances”

    EN-FIN !!!

    Tu parles de moi… :oops:
    :smac:

  14. Chickenbaby 23 novembre 2007 9:23

    Moi en cette période de mouvements sociaux, je me pose une question : mais où est Arlette ??? :gratt:
    Elle est morte ou bien ?

  15. Marcel Dugomier 23 novembre 2007 10:31

    -> antenor :je suis la victimisation personnifiée herself :snif:
    -> Steppen : Oh c’est petit ça! C’est très petit … :twisted: -> Carlos : C’est clair entre les poils dans les oreilles et le tour de taille (taille en largeur, hein!) :pom:
    -> Enguerrand : ah ça ira , ça ira, ta ratata tata ta ta :pom: :bluepom: :bong: :bluepom: :pom:
    -> Churchill : Aaaaah c’est toi mon prof de science naturel qui m’a montré son zizi ? :bong:
    -> Chickenbaby : Alerte est morte dans le dénuement le plus complet et l’indifférence du peuple ingrat. :snif: :snif: :snif:

  16. Marcel Dugomier 23 novembre 2007 10:32

    -> CKBB : Arlette chabot c’est ça hein ?

  17. Steppen 23 novembre 2007 10:59

    CKBB : Arlette s’est réincarnée en facteur :)
    Marcel : Non, ca n’est pas petit, c’est tellement vrai :p

  18. spicynico 23 novembre 2007 13:23

    Marcel, j’ai pas dit que ton billet était triste, j’ai dit que ton billet était chiant.
    treize cinquante sept

  19. Marcel Dugomier 23 novembre 2007 14:11

    -> SpicyNico : Aaaaah … ? :blonde:

  20. Tg 24 novembre 2007 1:19

    bah, ouais…
    je suis un peu du même avis que toi : j’adhère très peu au syndicalisme “de masse”, surtout quand il ne consiste qu’à être un gros tas de revendications tout azimut…

    reste que dans certains cas, ils restent vigilants, et parfois c’est pas plus mal… (exple concret : chez les Assistants sociaux existe le secret professionnel, qui a failli passer à la trappe si certains syndicats ne s’étaient pas érigés contre sa disparition).

    reste aussi que parfois, face à la maltraitance institutionnelle (publique ou privée), il est utile d’être défendu.

    c’est d’autant plus étrange pour moi d’y trouver un sens, au syndicalisme, qu’en temps normal, j’ai vraiment du mal avec les représentants syndicaux, véritables clichés coco sur pattes.

    juste une chose de plus : j’ai pas mal d’amis cadres dans le privé… je fais autant d’heures qu’eux par semaine selon les périodes… je suis fonctionnaire, et je ne prend pas systématiquement les récupération sur heures sup’ qui ne se me sont donc jamais non plus rétribués…et nous sommes tout de même nombreux dans ce cas…

    donc effectivement, les généralités me paraissent bonnes à brûler, d’autant que mes divers passages dans le monde “privé” ne m’ont pas non plus laisser un souvenir de fatigue intense…

  21. Marcel Dugomier 24 novembre 2007 19:58

    -> Tg : Même constat affligeant donc :cry: Les syndicalistes frisent trop souvent leurs caricatures et ça les dessert énormément, too bad.

Quelque chose à dire?