samedi et dimanche

Il y a un truc très bizarre qui m’arrive en ce moment. C’est à la fois pesant mais léger comme l’air. Je peine toujours autant dans cette boîte de gros nazes, où chaque jour je constate encore et encore que l’incompétence, la bêtise et la suffisance sont des “valeurs” bien installées autour de moi. Je constate que nous avons la gauche la plus nulle de tout l’univers et ça m’attriste d’autant plus, que je vois un gouvernement mettre en place à la fois des mesures et des sinistres individus. Je regarde autour de moi, et je vois et j’entends des gens en souffrance, des deuils, des séparations, des “échecs”. Ca me touche. Et puis, il y a eu ce coup de téléphone passé à ma mère il y a quelques semaines. Mon agenda sous les yeux, je planifiais ma venue pour la fête des mères et la fête des pères. Un vrai casse tête. On arrive à un compromis pour une seule visite. (Ce n’est pas que je rechigne à aller voir mes parents, mais je compte mes jours pour préparer mon examen de shiatsu) Je renégocie un peu en disant que je ne resterai pas tout le week end mais que je ferai juste l’aller retour dans la journée du dimanche. Et là, j’entends ma mère dire insistante :”Ah non ! Tu viens samedi et dimanche.” Ca m’a fait un choc dingue. C’est la première fois qu’elle me demande quelque chose depuis que je suis sorti de l’enfance. Adolescent, puis jeune adulte, quand j’avais besoin d’un conseil, que je demandais une autorisation, mes parents m’ont toujours dit : “Fais ce que tu veux, du moment que ça te plaît”. Enfin, c’est ma mère qui le disait, mon père ayant toujours eu une attitude de retrait face à ses responsabilités. Ils n’ont pas toujours été d’accord avec mes choix de vie, d’orientation professionnelle, de déménagements successifs qui me séparaient un peu plus d’eux, mais ils m’ont laissé faire. Souvent j’ai regretté ce manque d’implication. Aujourd’hui, soudainement, comme s’il y avait urgence, elle décide que je dois venir deux jours. Et ça m’arrive juste au moment où je me décide enfin à réapprendre à aimer, à ne plus refuser systématiquement que l’on puisse m’aimer. C’est comme ci, tout ce poids de la réalité de la vie à force de peser si lourd, n’ayant plus rien à écraser, se retire progressivement pour laisser monter une sorte de respiration légère. Je ne vais pas laisser passer ça. Je vais entretenir cette nouvelle mise en disponibilité à la vie. C’est un virage que je veux négocier le mieux possible. Pouvoir en savourer chaque instant. J’en ai d’ailleurs goûté un peu en rendant visite à mon frère et à sa copine, chez qui je n’étais jamais allé. On ne se croisait que chez mes parents. Un bonheur tout doux de se sentir accueillir chez son frangin, dans sa maison, partager leur repas. Ils étaient très fiers et heureux de me savoir parmi eux. C’est un sentiment très étrange de se savoir aimé ainsi, un sentiment qui s’était estompé progressivement de ma palette au fil des rencontres, des aventures et des ruptures. Alors oui, je vais y aller samedi et dimanche et oui je me mets en disponibilité affective.

  1. 11 commentaires sur “samedi et dimanche”

  2. Pimousse 06 juin 2007 15:01

    Parfois la vie te mets tellement de claques que pour te protéger tu penses n’avoir qu’une alternative: te protéger, créer une carapace la plus solide possible pour ne plus ressentir la douleur. Mais à force, tu ne ressens plus rien du tout…et tu te retrouves bien seul
    Alors bravo de décider que la carapace n’est pas la seule solution: se rendre disponible affectivement comme tu dis, c’est aussi prendre un risque, mais ça t’apporteras certainement beaucoup de belles choses. La vie ne vaut que si elle est vraiment vécue, pas subie

  3. Fille Aux Craies 06 juin 2007 15:47

    Je TUERAIS pour avoir un frère ; alors retourne voir le tiens de temps en temps :vivivi:
    De plus, la prochaine fois que tu vas là bas, t’as quelqu’un d’autre chez qui sonner :flower:

  4. antenor 06 juin 2007 21:17

    les mères ADORENT qu’on leur parle lessive ! essaie, tu verras que ça marche à tous les coups. au pire, je t’envoie mon ambulance
    0085/1200=0,0708333333333333333

  5. Marcel Dugomier 06 juin 2007 22:42

    -> Pimousse : c’est encore pire lorsque ta carapace initiale tu as réussie à la fendre pour finalement te prendre des petites claques amicales et que tu la refermes une deuxième fois. :mrgreen: -> Fille aux craies : et en plus j’ai une grande soeur :tongue:
    -> antenor : ne m’en parle pas ! quand j’ai quitté la maison de pôpa et môma, et que je venais les voir, ELLE m’engueulait parce que je ne lui rapportais pas mon linge sale à laver. :pom:

  6. TT02 06 juin 2007 23:05

    Chez moi, c’est moi la mère. Et je peux te dire que j’attend pas leur linge. J’ai assez du mien. Mon fils dit que c’est pas normal. je lui répond “gros naze, va ! Fils de ta mère)

  7. Marcel Dugomier 06 juin 2007 23:11

    -> TT02 : mdr !! mère indigne va :mrgreen:

  8. winy 07 juin 2007 5:38

    Rhalala les mecs et leur mère hin…:mrgreen:
    Ca c’est une jolie note et je suis heureuse de lire de telles choses.
    Une nuit chez maman ca vaut tous les hammam du monde.:pom:

  9. antenor 07 juin 2007 6:09

    ça y est, c’est le début de la rupture… (d’avec toi même)

    6203/1200=5,1691666

  10. Marcel Dugomier 07 juin 2007 10:43

    -> winy : nan mè ho, les filles et leurs petites magouilles avec leurs mômans, ça va bien aussi :tongue:
    -> antenor : tu ne crois pas si bien dire, sinon tu as conservé ta calculette de l’école primaire pour n’afficher que 7 décimales, bah oui parce que forcément je vérifie à chaque fois si tu n’inventes pas des suites de chiffres :lol: alors le résulat est : 5,169166667 De rien.

  11. atomicjonas 07 juin 2007 22:05

    Belle ouverture… pas toujours facile de gérer les parents et la famille en général! Ils veulent un peu (trop) notre bien parfois :gratt: :wink:

  12. Marcel Dugomier 07 juin 2007 22:45

    atomicjonas : oui, c’est l’équilibre à trouver entre “je vis ma vie, foutez moi la paix” et “je vous aime”

Quelque chose à dire?