pause
Je ne sais pas pour vous, mais moi en ce moment je voudrais que tout s’arrête. Que les gens s’arrêtent, qu’on arrête de courrir, qu’on souffle un peu, qu’on marque une pause.
J’ai l’impression que le temps me file entre les doigts, que je ne profite pas du temps qui passe tellement je suis préoccupé par demain, les projets, les obligations à venir, les gens à rencontrer, les choses à dire, les choses à faire, le tout comme une urgence à assouvir.
Je n’y arrive plus. Le rthyme semble s’accélérer au fur et à mesure que j’avance.
Une fois cochée le truc “fait” qui n’est donc plus à faire, c’est pour mieux en inscrire 10 autres, dans ma liste des tâches à faire. Et je me regarde remplir des listes et des listes et repousser au lendemain sans arrêt ce qui me semble insurmontable.
J’ai tellement peur de ne pas être à la hauteur, de décevoir, de ne pas être compris, de ne pas être aimé que j’en oublie tout simplement de respirer, de vivre.
J’aimerais appuyer sur le bouton “pause”, et regarder autour de moi, à l’intérieur de moi, et découvrir que je n’ai pas besoin de courrir, que ma course est une fuite, que ma recherche du repos est une quête d’amour.
J’aimerais pouvoir poser ma tête sur l’épaule d’un autre, accepter enfin de ne pas être un surhomme et que je peux accueillir l’aide des autres sans m’humilier, me débarrasser de cet orgueil qui me vient de je ne sais où.
Le truc bizarre, c’est que je ne suis pas tout seul dans ma tanière. J’ai des amis fidèles mais lointains, des aventures… sans lendemain, un psy occasionnellement, des parents, un frère et une soeur qui m’aiment bien et que j’aime beaucoup, mais aucune épaule vraiment sur laquelle je puisse me reposer.
Et je regarde dans le rétroviseur, et je vois plein d’occasions manquées, des rendez-vous avec le destin loupés, des regrets parfois, pas de rancoeur, pas d’amertume, juste un constat avec quelques souvenirs, mais très peu finalement. Comme si je n’avais pas réellement vécu ces 40 et quelques années.
J’oublie tout. Comme si l’obligation m’était faite de passer la balayette derrière chacun de mes pas. Ainsi je ne me souviens plus des lieux, des gens, des dates, des intants passés, des moments que j’ai arrachés au bonheur ou au malheur. C’es ainsi que je me projette sans arrêt dans demain dans les trucs à faire.
Bizarrement, c’est ici, sur mon blog où sur ceux que je lis, où j’arrive encore à décocher des sourires et des rires. Je n’aurais jamais parié la dessus cet hiver à mes débuts dans la blogobulle. Mais il y a encore une fois cette angoisse du lendemain… sans billet à lire ou à écrire, sans commentaire.
Juste une pause. Juste pouvoir rêver les pieds sur terre.





14 commentaires sur “pause”
Ditom 09 mai 2007 13:41
je comprends totalement ce sentiment du toujours plus… De l’angoisse du lendemain, de la peur que tout s’arrête, de la peur de décevoir… Par contre, je suis persuadé qu’il faut surtout rester attentif à toutes les occasions dans la vie. Il n’y en a pas tant que ça de grandes occasions et je m’en voudrais de passer à côté de quelque chose ou surtout de quelqu’un qui aurait pu être important pour moi.
Alors peut-être se laisser le temps de vivre, oui, mais en restant attentif à tout ce qui t’entoure… Ne zappe pas. La chance de ta vie est peut-être à portée de tes mains, de tes yeux, de ton coeur…:vivivi:
Tizel 09 mai 2007 14:00
Tu devrais lire “Le désert des Tartares” et des nouvelles de Dino Buzatti, toute son oeuvre tourne autour du temps qui passe, et qu’on essaye, en vain, de rattraper.
Tizel
Jo Rockwell 09 mai 2007 15:50
Piou ! Tout ça me parle directement. T’es chiant à la fin de mettre les bons mots dans l’ordre quand je n’ai que l’embryon de cette constatation. La recherche du mode Pause… un rêve, c’est vrai, mais aussi l’angoisse de ne plus savoir comment réappuyer sur Play ou celle de ne plus en avoir envie. Courir, c’est aussi s’empêcher de regarder en arrière. Je pense tout haut là, faut que j’arrête.
TT02 09 mai 2007 16:38
Ouh! vache, le coup de blouse. C’est les portuguaises qui t’ont minées.
Fab 09 mai 2007 18:28
Perso je me reconnais pas mal la-dedans, q quelques variantes pres: j’ai appris recement a faire des pauses et ca fait du bien de respirer (mais moi j’aime bien le faire seul).
En bon maitre Yoda de la necessaire pause je te donne la recette: Sur le bouton “pause” appuyer tu dois, de l’index sur la telecommande, d’une simple et gentille pression il suffit… :vivivi:
Marcel Dugomier 09 mai 2007 21:58
-> Ditom : Oui, je regarde autour de moi, je suis attentif quand je prends le temps. Ne vous ai pas vu passer devant moi samedi ? Je n’étais pas sous ma couette façon Bridget Jones
-> Tizel : c’est gentil, je note les références, il y a longtemps que je n’ai pas lu un livre, à part ceux pour étudier.
-> Jo : Appuyer sur play, j’y arrive quand même, c’est le coup de talon quand on est au fond de la piscine, le plus dur c’est l’attente du coup de talon.
-> TT02 : Bah faut croire que oui, car je pensais que cette petite “pause” à Lisbonne serait salvatrice… raté.
-> Fab : Le sens pratique toujours, ne jamais se couper de doigt
Catz 09 mai 2007 22:13
Je me reconnais dans tes reflexions…
j’ai beaucoup de mal a gérer le temps, entre le passé qu’il faut transporter comme des vaises encombrantes, le présent dans lequel j’ai du mal a m’inscrire, et le futur que j’idéalise et pour lequel je fais beaucoup de projets… ce qui me rassure c’est que j’arrive à en réaliser pas mal.
Il y a hélas ce sentiment de solitude dans les epreuves. Moi aussi j’ai beaucoup de mal à demander de l’aide quand j’en ai besoin (et pourtant je suis une fille !!!),et du mal à trouver cette épaule réconfortante
questions sans réponses ou constat, j’espère que tu décocheras encore beaucoup de sourires grâce à la blogosphère et en dehors
rêveur aux pieds sur terre
Olivier 09 mai 2007 22:38
houlalalala, marcelD est down? :gratt: allez hop, c’est reparti :pom::pom:
antenor 10 mai 2007 6:01
hum… je te conseille d’aller immédiatement te jeter sur ton lit en mordant les oreillers de douleurs et en pleurant de chaudes larmes… tu en fais une photo et tu nous montres tout ça. après ça ira bien mieux, crois moi !
AdaM 10 mai 2007 9:09
et si non tu nous appels , nos mails sont partout sur nos blog, et on fait une séance pétasse, connasse et idiote en térrasse des maronniers ….enfin si monsieur marcelD deigne bien nous faire un signe quand nous passons prés de lui
ps: nous ne mordons pas Ditom et moi (de meme que les autres )
:pom: :pom: :pom: :pom: :pom:
Marcel Dugomier 10 mai 2007 10:35
-> TOUS : Merci beaucoup pour les petits messages.
Je me suis dégagé des marges de respiration :
-1- Au taf, parfois il faut savoir dire: “NON”, “STOP”, “Rien à foutre”, “Arrêtez de me prendre pour un blaireau”, “Prenez vos responsabilités et basta”. Ca fait du bien ! :vivivi:
-2- Mes travaux perso, j’ai averti le prof que : “Non, ce n’est pas possible, je ne rendrais pas ma copie à l’heure, et puis basta”. Ca fait du bien ! Mon examen c’est en décembre, on verra bien d’ici là. :vivivi:
pom pom pour tout le monde :pom: :pom: :pom:
spicynico 10 mai 2007 10:54
Oh, bah, juste un petit bisous alors…
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npg2000 10 mai 2007 13:06
Bah alors… mais qu’est ce qui se passe !
courage !
Ditom 10 mai 2007 15:06
Rectificatif sur le commentaire d’AdaM: moi je peux mordre mais juste si ça fait du bien
Bises à toi