the queen

the queenQuand le film The Queen est sorti, il a fait ressurgir dans ma mémoire une petite anecdote qui me fait sourire à chaque fois. J’ai des rapports très privilégiés avec la famille royale d’Angleterre. Elle ne le sait pas mais le destin a voulu que je croise directement et indirectement ses déplacements à Paris.

C’était le lundi 5 avril 2004, après le dimanche des Rameaux comme chacun sait. Je sortais du métro à la Madeleine pour me rendre à l’institut de beauté situé rue du Faubourg Saint Honoré.
Mon téléphone sonne vibronne dans ma poche !

- “Alloooo ?”
- “Monsieur Dugomier ?”
- “Ouiiii.”
-”Je suis Sabine votre esthéticienne, je vous appelle pour vous demander s’il vous serait possible de venir un peu plus tard, car ma cliente est arrivée en retard, et je n’ai pas terminé…”
- “Bien, c’est à dire que je suis presque arrivé.”
- “Bon, ce n’est pas grave Monsieur Dugomier, vous patienterez dans le salon.”
- “Très bien, merci, à tout de suite.”

Je poursuis mon chemin et j’arrive devant l’institut, je trouve curieux que la rue soit barrée par moult représentants de la force de l’ordre. Je dois même passer sous des banderoles et sous le regard des policiers en faction. On se croirait dans une série américaine, je sors ma carte du FBI et j’interpelle le premier venu pour m’indiquer où se trouve le cadavre. La porte s’ouvre devant moi toute seule, je fais juste un discret signe de la main à l’hôtesse d’accueil vers le 1er étage (Mr Clooney me fait une imitiation parfaite dans la pub ErnestCafé) elle me fait un grand sourire de star. what else ? La moquette épaisse de l’escalier menant à la mezzanine assourdit mon pas pressant (Mais il est où le cadavre ?) et je me pointe au pupitre de l’hôtesse d’accueil en chef.

- “Ah ! Monsieur Dugomier, nous sommes terriblement désolés pour ce petit contretemps, pouvons-nous vous offrir un café ?”
- “Oui merci, bien volontiers.”

Je m’installe dans le canapé du salon (mais il est où le cadavre ?) et aussitôt un bel homme en costume s’inquiète de mon confort, je le rassure en l’invitant du regard à s’asseoir à mes côtés (dans mes rêves) Puis une bonne en costume d’époque me dépose un immense plateau avec tout plein de petits pots, des tasses en veux tu en voila, une bonne douzaine de variétés de sucres, des cuillères, des pinces ( ?), des couteaux. Chic ! Je vais pouvoir jouer à la dînette.
Le temps passe agréablement entrecoupé de sourires de l’hôtesse d’accueil en chef, et soudain je vois sortir de MA cabine, MON esthéticienne précédée par une vieille dame un peu mémère, se déplaçant avec peine, mais déterminée. Je la regarde passer un peu bizarrement. Elle traverse le hall toute décoiffée et débarbouillée luisant. Tiens ! La tête de cette femme ne m’est pas étrangère, elle me dit quelque chose… (le cadavre est sous l’escalier)
Sabine s’approche de moi toute rayonnante.

- “Nous pouvons y aller à présent, Monsieur Dugomier, si vous voulez bien me suivre.”
Je la suis dans MA cabine, et mon regard se veut insistant et interrogateur, elle sourit. Je me lance :
- “Ne me dîtes pas que c’est …”
- “Oui, c’est bien elle, elle a fait téléphoner ce matin en urgence pour le dîner d’Etat de ce soir.”
- “Aaaaaaaaah okay je me disais bien aussi” m’exclamais-je à moi même.

Le reste de la conversation relève du secret d’état, et je ne peux pas dévoiler les petits problèmes de peau de la dame. Sabine s’affère, me dorlote, me chouchoute, me malaxe, me vaporise, je me sens bien, quoique un peu indisposé par une légère mais persistante odeur de transpiration laissée par la cliente précédente. Ce doit être le stress de la journée qui veut ça et je la comprends bien.

Tout d’un coup, la porte s’entrebâille en silence, on appelle Sabine à voix feutrée. Elle prend congés en s’excusant. Je poireaute avec une couche de 2 centimètres de pommade sur le visage pendant … pendant … pendant une éternité !!!!!
Elle revient enfin ! Je la dévisage sans mot dire pour bien lui signifier que je ne suis peut-être pas la reine mère, mais tout de même on pourrait s’occuper un peu de MOI. Elle me raconte sur le ton de la confidence. (Hé hé hé !) La dame a tenu à remercier individuellement tout le personnel de l’institut qui avait contribué à sa splendeur retrouvée.

Et c’est vrai qu’elle avait une sacré allure notre Bernadette nationale en robe rouge passion pour accueillir sa majesté la reine Elisabeth II. C’est son décolleté épaule / hanche qui avait fait grincer, grimacer les services protocolaires de l’époque.
Sa Majesté la reine Elizabeth II et Son Altesse Royale Philip duc d’Edimbourg ont célébré le centenaire de l’Entente cordiale, accords conclus par le Royaume-Uni et la France le 8 avril 1904. La reine et le duc ont été reçus par le président de la république lors d’un dîner d’état le 5 avril au Palais de l’Elysée. Quand je pense que je n’ai même pas été invité, avec cet instant d’intimité partagé !

ps) Forbidden. Malencontreusement sur le site de l’Elysée, on ne peut pas agrandir les photos de Bernadette à l’épaule dénudée. ici

  1. 2 commentaires sur “the queen”

  2. Badibuh 16 janvier 2007 21:48

    Incroyaaaable, t’as une esthéticienne! Ca c’est fou.

  3. Marcel Dugomier 16 janvier 2007 22:48

    Yes !!! Of course my dear ! Pas toâ ???? :shock:

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