voeux du président
Aujourd’hui, c’était la cérémonie de présentation des voeux du président à tous les nazes qui bossent contre avec moi. J’ai profité d’un rendez-vous professionnel pris judicieusement en fin de matinée pour y échapper et pour servir la bonne cause, celle du rayonnement en France métropolitaine et dans les départements d’outre mer de ma boîte de nazes.
Depuis dix ans que je suis ici, c’est toujours la même chose. On écoute le discours de notre cher président en restant sagement debout, les bras croisés sur la poitrine, ou devant les parties génitales, ou bien dans le dos. Il n’existe pas à ma connaissance de consignes particulières, ni dans le règlement intérieur, ni dans les clauses générales et particulières des contrats de travail et ni dans le rapport du CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail) sur le positionnement des mains pendant une telle intervention. A noter que c’est la seule fois de l’année où on le voit, notre président. On peut donc facilement remarquer tous les petits signes de vieillesses s’accumuler au fil des années. Il doit en faire autant le bougre, si jamais il a une bonne mémoire physionomique à défaut de celles des noms et des fonctions des nazes qui bossent pour lui.
Donc cette année, j’ai fait ma forte tête et j’ai boycotté. Je résume ce qui a dû se passer tout à l’heure.
Indiscipline générale, les nazes trop contents de ne rien foutre, bavardent, bavardent alors que le président commence son discours dans un brouhaha indescriptible. Le calme s’installe enfin, le président est heureux d’être de nouveau là parmi nous eux, cette année encore. Puis il enchaîne très rapidement sur le côté exceptionnel de cet évènement, car c’est peut-être la dernière fois qu’il aura le plaisir de se prêter à cet exercice qui l’honore. Car voyez-vous mes chers amis, les temps sont durs, les projets ont du mal à se mettre en place, l’argent ne rentre plus et ça va de plus en plus mal, et chacun sait que dans l’attente d’une échéance électorale, qui plus est, une élection présidentielle aux issues incertaines, nous ne pouvons nous offrir le luxe de nous montrer optimistes sur l’année 2007. Mais grâce, aux compétences développées ici à Paris et partout dans nos régions, rien n’est perdu, et il garde grand espoir sur la pérennité de notre action. Au passage, il a dû rappeler un peu sarcastique à l’assistance béate, le parisianisme de l’usage du mot “province” qu’il remplace bien volontiers par “nos régions”. De toutes façons, tout le monde s’en fout, car la moitié n’écoute pas, et l’autre moitié s’interroge sur qui ça peut bien être les compétences à Paris ?
En clair, il vient d’annoncer que : OUI, les demandes d’augmentation, de prime exceptionnelle, de résultat, de treizième mois, on pouvait bien s’assoir dessus. NON, il n’y aurait pas de nouvelles embauches malgré la demande des syndicats et que l’on pouvait bien avoir les bras croisés ou pas d’ailleurs, ça lui était bien égal. Et tout le monde, enfin réveillé, de l’applaudir. A chaque fois j’hallucine, on applaudit le président qui vient de t’annoncer une année de trésorerie au moins aussi désastreuse que l’année passée et on applaudit ????
Et juste après, dans un bordel incroyable, les gros nazes se jettent sur le buffet et les bouteilles de vin rouge.





7 commentaires sur “voeux du président”
RomainB 10 janvier 2007 21:08
Toutes les boîtes sont pleines de nazes
Ralala franche rigolade en lisant ça. Ca peut paraître un peu cliché mais pourtant c’est tellement vrai. Ah le monde de l’entreprise !
Marcel Dugomier 10 janvier 2007 21:18
Nan nan nan, la mienne est championne du monde toutes catégories confondues pour battre le record de nombre de gros nazes au m2.
En tous cas, merci d’être passé, j’ai DEUX lecteurs maintenant
TT02 10 janvier 2007 21:31
Je viens de vivre à peu près la même chose. et ouai on applaudit. Surtout que ce soit fini.
Marcel Dugomier 10 janvier 2007 21:37
Wouaaa la classe ! ma 2ème lectrice
C’est terrible hein les applaudissements commandés ? C’est fini et je n’ai pas applaudi, je m’applaudis bien fort clap clap clap 
Shaggoo 11 janvier 2007 10:34
La dernière phrase résume le tout. Nos emplois sont trop souvent alimentaires, que voulez-vous !
arpenteur 11 janvier 2007 12:10
Et alors, le rouge du président, il est bon au moins?
Marcel Dugomier 11 janvier 2007 13:43
-> Shaggoo : vous mettez les pieds dans le plat !
-> arpentuer : je ne sais pas, j’y étais pas